Karl Herrmann Perrot est originaire de la Rhénanie prussienne. Très jeune, il s’est engagé dans la marine marchande. Puis, après neuf années en mer, il a rejoint la Compagnie des chemins de fer rhénans. Au lendemain de l’annexion, il est affecté à Lutzelbourg en tant que chef de gare. En 1877, il est muté à Strasbourg où son emploi lui laisse suffisamment de temps pour s’adonner à l’écriture. En 1879, il publie un ouvrage sur La situation actuelle de la question des chemins de fer en Allemagne, en France et en Suisse et les plans du chancelier de l’Empire allemand sur la réforme des tarifs des chemins de fer ; il devient ensuite secrétaire de Gustave Bergmann (1816-1891) au Conseil d’Etat d’Alsace-Lorraine. Infatigable, il diffuse durant cette même année 1880 un étonnant plaidoyer sur L’achèvement de la cathédrale de Cologne et le projet d’élévation de la tour sud de la cathédrale de Strasbourg, ainsi que de la tour principale de la cathédrale d’Ulm. Le 4 décembre 1879, la Straßburger Zeitung publie son article sur les caisses d’épargne. Puis, en mars 1881, la librairie Vomhoff édite un fascicule intitulé Spar- und Darlehnskassen oder Vorschläge zur Abhülfe der Geldnoth unter dem Kleinbürger- und Bauernstande in Elsass-Lothringen, durch Erweiterung und Verbesserung der Sparkassen und zweckentsprechende Regelung des ländlichen Kreditwesens (Caisses d’épargne et de crédit ou propositions visant à remédier au manque d’argent chez les petits bourgeois et les paysans en Alsace-Lorraine, par l’extension et l’amélioration des caisses d’épargne et une réglementation appropriée du crédit rural) dont une version en français paraît en début d’année 1882. Cet ouvrage a le mérite de faire connaître l’œuvre de Raiffeisen en Alsace et constitue le point de départ des réflexions sur la création de ces caisses dans la région. Après la publication de son livre, Karl Perrot quitte Strasbourg pour Wiesbaden où il ouvre une boutique de produits alsaciens avant de se spécialiser dans les cotonnades alsaciennes puis dans les produits africains. Il crée ensuite, avec quelques associés, une société commerciale spécialisée dans le commerce avec l’Afrique orientale, exploitant directement plusieurs plantations (café, coton, huile de palme, etc.) dans l’actuelle Tanzanie. Il est le frère du député du Reichstag Franz Perrot (1835-1891).