D’abord, le crédit hypothécaire
Le 17 décembre 1845, Le Constitutionnel, dirigé par Adolphe Thiers, affirme que nul n’avait songé jusque-là à doter l’agriculture du crédit. Cette affirmation est un peu trop rapide, car plusieurs projets ont été présentés dès les débuts de la Révolution. On peut citer la Banque territoriale de Jacques Annibal Ferrières, qui proposait de « procurer de nouveaux moyens à l’agriculture », ou la Caisse des propriétaires de Jean-Frédéric Gabiou. Mais la situation économique de l’époque n’était pas favorable.
En mars 1844, les propriétaires et exploitants réunis à l’occasion du congrès central d’agriculture souhaitent que « le gouvernement fasse étudier toutes les questions hypothécaires et de crédit agricole ». La proposition est maintes fois renvoyée jusqu’à ce que, finalement, le décret du 28 février 1852 permette la création de sociétés de crédit foncier. La Banque foncière de Paris est autorisée le 28 mars. Par un autre décret du 10 décembre de la même année, elle voit son privilège étendu à tout le territoire sous la dénomination de Crédit foncier de France.
Soutenu par l’Etat, le Crédit foncier de France va rapidement racheter les sociétés analogues créées en 1852 à Marseille et Nevers, puis se mettre au travail. Mais son activité, par ailleurs florissante, va surtout profiter aux propriétés urbaines, principalement dans le département de la Seine.