Au début, l'interdiction
L’idée de se mettre à plusieurs pour réaliser un objectif commun est loin d’être nouvelle. Sous l’Ancien Régime, elle se traduisait sous la forme des corporations et guildes, c’est-à-dire des groupements professionnels réunissant les membres d’une même profession. Bien avant la Révolution, ces communautés sont déjà très décriées parce qu’elles limiteraient le libre accès au travail et priveraient la clientèle des avantages de la concurrence. En 1776, Turgot, le contrôleur général des Finances de Louis XVI, tenta en vain de les supprimer ; c’est l’une des raisons de son renvoi.
Au début de la Révolution, l’Assemblée nationale veille à supprimer tous les privilèges, y compris ceux qui réglementent l’exercice des professions. C’est l’objet du décret d’Allarde du 17 mars 1791, complété par la loi Le Chapelier du 17 juin de la même année. Ces deux textes interdisent toute forme d’association à caractère professionnel, dont les sociétés de secours. Il faudra attendre la loi Waldeck-Rousseau du 21 mars 1884 pour que ces textes répressifs soient abrogés.